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J'ai grandi entre deux pays, deux cultures, deux langues. J'étais toujours un peu étrangère partout où j'allais. La petite fille timide, première de la classe, souvent moquée, qui n'était jamais tout à fait dans les bons codes. Un peu outsider. Plus tard, j'apprendrai que j'ai un TDAH. Sur le moment, je savais juste que mon cerveau fonctionnait un peu autrement.
C'est avec les animaux que j'ai trouvé quelque chose d'inattendu : un espace où je n'avais rien à prouver, personne à convaincre. Et c'est avec les chevaux, vers l'âge de 9 ans, que j'ai trouvé un refuge. Ils m'ont appris le calme, la confiance, une façon d'être dans le monde sans avoir à m'expliquer. J'ai passé mon galop 7, sans jamais faire de compétition – ce n'est pas comme ça que je fonctionnais. Ce qui m'intéressait, c'était la relation. J'étais parmi les premières à pratiquer la monte en liberté – sans rênes, sans filet – et à m'intéresser à l'éthologie équestre, notamment à la Cense, à une époque où ça n'était vraiment pas encore la mode.
« Ils ne me jugeaient pas pour qui j'étais, d'où je venais, comment je parlais. Ils étaient juste là. »
J'ai grandi entourée d'animaux de toutes tailles : des rats, des cochons d'Inde, des chats, des chevaux, et côté chiens, toute une galerie de caractères différents. La maison a toujours été peuplée.
Peut-être que c'est ça, le vrai point de départ de tout ce qui a suivi.
Dans ma famille, on a toujours été attentifs à ce qu'on donnait à nos animaux. La ration ménagère, c'était la norme : pas un choix de tendance, juste une conviction. Ma maman s'est formée à la nutrition canine : une démarche sérieuse, pas un hobby, et plutôt rare à son époque. Milou, son chien, a vécu jusqu'à 17 ans. Ginger, notre chatte, est partie en 2024 à l'âge de 19 ans.
Ma cousine nourrissait son cavalier king charles au BARF. Une race réputée pour ses problèmes cardiaques ; et pourtant, le sien n'en a jamais développé. Ma tante a gardé son maine coon jusqu'à 22 ans. Ce n'est peut-être pas un hasard non plus.
« Je ne dis pas que la nutrition est la seule explication. Mais on ne peut pas balayer le sujet d'un revers de main. »
Après mon bac S, une année aux États-Unis en pré-médecine vétérinaire. J'aurais presque fait véto. La vie en a décidé autrement.
En juillet 2013, j'ai eu un grave accident de voiture. J'ai perdu l'usage de mon bras droit – alors que j'allais rentrer en prépa art à la rentrée de septembre. La chihuahua de ma sœur, Luna, était là, et elle m'a beaucoup accompagnée pendant cette période. Les animaux, toujours.
« Cette passion pour comprendre ce qu'on met dans un corps, et pourquoi, était là depuis longtemps. Elle venait juste de trouver une nouvelle forme. »
Je suis rentrée en France. J'ai quand même démarré mes études en septembre. J'ai appris à être gauchère. En parallèle, le lien avec les animaux, lui, n'a jamais vraiment disparu. J'ai obtenu mon triple master 2 en architecture intérieure, design et graphisme en 2019 — en plein Covid. Impossible de trouver du boulot dans mon domaine.
J'ai alors travaillé pendant un an en freelance pour un nutritionniste — côté humain, cette fois. Et quelque chose s'est rallumé : cette passion pour comprendre ce qu'on met dans un corps, et pourquoi.
Pendant plusieurs années, on a gardé Luna – la chihuahua de ma sœur. Et là, j'ai eu une vraie révélation. Parce qu'avant ça, j'avais tous les préjugés du monde sur les chihuahuas. Je m'étais toujours imaginé avoir un grand chien — border collie, doberman, braque de Weimar, dalmatien, husky. Un chihuahua, dans ma tête, c'était le chien de Paris Hilton. Ça pissait partout, ça avait le cerveau gros comme une noisette.
Et puis il y a eu Luna. Intelligente. Brillante. Affectueuse. Élégante. D'une endurance que je n'aurais jamais imaginée dans ce gabarit. Elle m'a fait tomber amoureuse de la race. Et pour être honnête, Luna est en grande partie la raison pour laquelle j'aime autant les chiens aujourd'hui.
« Elle a démonté chacun de mes préjugés, un par un, jour après jour. »
En plein Covid, peu après l'obtention de mon master, Luna est repartie vivre chez sa maman. Et j'ai réalisé à quel point la présence d'un chien me manquait terriblement. Cet ancrage. Ce lien. Cette façon qu'ils ont de rappeler l'essentiel. Mon historique Google oscillait entre « meilleur élevage chihuahua poils longs » et « chiots chihuahua disponibles ».
En février 2020, je suis partie dans un élevage à plusieurs heures de chez moi, avec en tête d'adopter un mâle chocolat de 9 mois. Arrivée sur place, la connexion ne s'est pas faite. L'éleveuse m'a présenté une petite femelle noire très mignonne qui m'a immédiatement fait pipi dessus — de joie ou de peur, j'hésite encore. Et puis j'ai demandé : « Il y avait une petite femelle lavande sur votre site : Pampa Rose. Vous l'avez encore ? » Son mari est allé la chercher. Quand il est revenu avec elle dans les bras, j'ai pleuré – d'une émotion que je n'avais alors jamais ressentie. Une petite chienne aussi belle, à 5 mois, pas encore adoptée : c'était le destin.
Je suis repartie avec Pampa, le 4 février 2020. Une date que je n'oublierai jamais. Et avec elle, immédiatement, l'obsession : lui offrir ce qu'il y a de mieux. Je me suis formée à la nutrition canine et féline – en suivant les traces de ma maman – pour lui construire une vraie ration ménagère, pour éviter de faire au pif. Parce que la nutrition, ça s'apprend, ça se documente, ça se remet en question. En parallèle, la quête des friandises naturelles. Des produits que je comprends, que j'assume, bien adaptés à sa taille, à ses vrais besoins.
« J'ai voulu être ambassadrice d'une boutique qui faisait ça plutôt bien. On n'a pas voulu de moi. Alors j'ai créé la boutique. »
En France, l'offre me déçoit. Trop de marketing, pas assez de transparence. En Angleterre, c'est vraiment différent. Ici, rien qui m'inspire vraiment confiance.
Fin 2020, on lance le compte Instagram. Le 15 mars 2021 : ouverture d'aPETite Store (le nom d'origine). Premier jour : 50 commandes. Je n'ai pas arrêté depuis.
Le rose de la boutique ? C'est Pampa. Entièrement.
Quand on a créé le compte Instagram fin 2020, il fallait un univers visuel. J'ai cherché un peu ce qui se faisait dans le petfood à ce moment, ce qui était dans les codes d'une boutique d'animalerie : c'était souvent du vert, des couleurs naturelles, du marron ou encore du bleu. Je me projetais mal dans ces couleurs-là, je refusais de faire comme tout le monde. J'ai juste pensé à Pampa Rose – son nom complet – et la couleur s'est imposée. Le rose, c'est ça : la gourmandise, l'enfance, quelque chose de doux et de sincère. Exactement ce que j'avais envie que la boutique dégage.
« Deux couleurs choisies pour ce qu'elles signifiaient. Pas pour ce qui se faisait dans le petfood. »
Le rouge est arrivé plus tard, avec le rebranding vers A PET STORE. Le rouge, c'est ma couleur préférée depuis toujours. Et c'est aussi la couleur de l'amour – celui qu'on porte à ses animaux, profondément, sans avoir besoin de le justifier. Ensemble, les deux racontent exactement ce qu'est A PET STORE : de la gourmandise, de la douceur, et un amour qui ne se négocie pas.
Le logo n'est pas un chien. C'est un chien en ballon.
Avant A PET STORE, j'ai fait cinq ans d'architecture intérieure, de design produit et de graphisme — un triple master 2. Ce n'est pas une ligne de CV sans rapport avec la suite : c'est la grille avec laquelle je regarde les objets, les marques et les espaces, et elle ne m'a jamais quittée.
Le chien en ballon, c'est un objet de fête foraine. Trois secondes de travail, du plastique, quelque chose qu'on tend à un enfant et qui finit par éclater. Le pop art s'en est emparé et en a fait une icône monumentale, brillante, exposée dans les plus grands musées du monde. C'est ce basculement qui m'intéresse : prendre un objet simple, presque bête, et le traiter avec un sérieux total.
C'est exactement ce qu'on fait ici. Une oreille de porc séchée, ce n'est pas glamour. Un nerf de bœuf non plus. Ce sont des produits bruts, parfois un peu déroutants quand on les découvre. On les sélectionne, on les trace, on les conditionne dans notre atelier – avec l'exigence qu'on réserve d'habitude à des choses jugées plus nobles.
« Un objet simple, traité sérieusement. C'est tout le logo — et c'est toute la boutique. »
Si tu as connu la boutique sous son premier nom, cette section est pour toi. Et pour les autres, ça peut t'intéresser, parce que c'est une réalité que peu de fondateurs racontent franchement.
J'avais fait les choses correctement dès le départ : dépôt de marque à l'INPI, procédures respectées, frais payés. Le nom était enregistré. Il était à moi, enfin sur le papier. Quelques années après l'ouverture, une grosse chaîne d'animalerie a décidé de le contester ; bizarrement pile au moment où l'une de leurs marques, qui jusqu'alors ne faisait que des croquettes, se lançait dans les friandises « naturelles » et me voyait apparemment comme une concurrente à écarter. Ce qui a suivi, c'est un an de bataille administrative : courriers, dossiers, relances, frais d'avocat et autres qui s'accumulent. Et au bout d'un an, j'ai perdu. Pas parce que j'avais mal fait les choses. Parce qu'ils avaient plus de ressources que moi pour tenir dans la durée. Ce genre de rapport de force, ça existe. Ça ne fait pas plaisir à raconter, mais c'est la réalité du terrain quand on monte une marque tout seul face à des structures qui ont des équipes juridiques entières.
« Juste un nom que, cette fois, personne ne peut nous enlever. »
Ça a coûté cher : financièrement, en temps, en énergie. Il a fallu changer le nom de domaine, refaire le logo, migrer la boutique, prévenir les fournisseurs, alerter toute la communauté. Des mois de travail en parallèle du quotidien, pour quelque chose que je n'avais pas provoqué.
Ce que je peux dire aujourd'hui – et je le pense vraiment – c'est qu'A PET STORE est un meilleur nom qu'aPETite Store. Plus clair, plus fort, plus adapté à ce que la boutique est devenue. Le logo aussi. La boutique aussi, dans sa façon de se présenter. Est-ce que j'aurais choisi ce chemin si j'avais eu le choix ? Non. Est-ce que le résultat est là ? Oui.
Si tu as cherché aPETite Store et que tu as atterri ici : bienvenue. Même exigence. Même obsession. Même équipe.
Au départ, il n'y avait que Pampa. Ensuite… les choses ont un peu dérapé – dans le bon sens du terme.
Pampa, Sierra, Taïga. Et Savana, arrivée le 3 janvier 2025. Elle nous a quittées le 25 juin 2026, tragiquement trop tôt, après 18 mois de bonheur.
Quatre caractères, quatre présences – et quatre façons très différentes de m'apprendre mon métier.
Pampa
Très fine bouche.
Sierra
Un énorme besoin masticatoire.
Taïga
Tendance à gober, donc très attention à ce que je lui propose.
Savana
Minuscule : tout était affaire de dosage, et elle testait absolument tout avec une curiosité déconcertante.
Vivre avec elles, c'est aussi avoir un mini laboratoire vivant au quotidien, ce sont nos petites testeuses. Chacune me permet de mieux comprendre comment un produit se comporte avec un profil différent : une mâchoire puissante, une tendance à avaler vite, un tout petit gabarit. Évidemment, mes clients font souvent dix fois leur poids ; mais les logiques restent les mêmes.
Il y a un chien dont je parle rarement. Rocky – un magnifique husky sibérien – le chien d'un de mes compagnons avec qui j'ai vécu pendant plusieurs années, et qui nous en a fait voir de toutes les couleurs. À l'époque, je ne savais pas ce que je sais aujourd'hui sur la mastication, la dépense mentale, l'occupation. Je ne comprenais pas ce qu'un chien qui détruit, qui s'agite, qui déborde essaie en réalité de communiquer. Je faisais de mon mieux avec ce que j'avais.
Il m'arrive encore d'y penser. De me dire que si j'avais su alors ce que je sais maintenant, les choses auraient probablement été très différentes pour lui. Ce regret-là, c'est en partie pour ça que j'explique autant – sur Instagram, sur le blog, dans les fiches produits. Parce que cette connaissance, j'aurais aimé l'avoir avant. Et parce que je sais qu'il y a des gens aujourd'hui exactement dans la même situation que moi à l'époque.
« Ce n'était pas suffisant, et il a un peu payé pour mon ignorance. »
Je suis nutritionniste canine et féline. Ça change vraiment la façon dont je sélectionne les produits et dont je t'explique les choses.
Pour en savoir plus sur mon parcours, mes formations et mon approche de la nutrition animale : La nutritionniste Alexandra Debbas.
Chez A PET STORE, chaque produit est choisi avec une vraie logique : l'origine, la composition, la traçabilité, l'intérêt réel pour ton animal. Nos friandises sont conditionnées dans notre propre espace, selon un protocole d'hygiène strict – parce que ce qu'on met entre les dents de ton animal mérite autant de sérieux que ce qu'on met dans une assiette.
« Je préfère te dire clairement ce qui convient ou pas, même quand ça ne m'arrange pas commercialement. »
Le marché regorge de produits soi-disant naturels. Ils ne se valent pas tous. Et je ne ferai jamais semblant que si.
Pour comprendre concrètement ce que ça change dans nos choix de produits : Nos engagements.
La plupart du temps, on est deux.
Moi (pour la sélection des produits, le contenu, les formations, la communication, les réseaux), et ma maman (pour les commandes, la préparation, l'emballage, l'expédition) depuis notre entrepôt à Guérande. C'est elle qui tient la cadence au quotidien, et elle le fait avec une rigueur et une régularité que j'admire sincèrement.
« Une boutique à taille humaine. Volontairement. »
De temps en temps, on accueille des alternants et des stagiaires qui nous rejoignent pour quelques mois. Chaque passage apporte quelque chose — une énergie nouvelle, un regard différent.
À côté d'A PET STORE, je développe A PET NUTRITION ; pour aller plus loin dans la pédagogie autour de la nutrition animale. Tout ce qui arrive prochainement : des accompagnements individuels, des contenus sérieux et accessibles, des outils concrets pour aider les propriétaires à vraiment comprendre ce qu'ils mettent dans la gamelle. Pas des recettes miracles. Pas du contenu réconfortant mais creux. De vrais éléments pour faire de vrais choix.
J'ai aussi un projet d'application en cours, parce que je crois que l'avenir de la nutrition animale passe par plus de transparence, plus d'accessibilité, et beaucoup moins de marketing flou. L'idée : mettre de la clarté là où il n'y en a pas encore assez.
Et A PET STORE, elle, continue de grandir. Toujours dans la même direction — des produits que je comprends, que j'assume, avec une vraie logique derrière.
« Nos animaux sont de passage dans nos vies. Nous, on est toute leur vie. »
Alexandra